Communiqué de l'UNAT (février 2008)

 

Les séjours de vacances pour enfants et adolescents :

au service de la cohésion sociale

 

Des informations récentes montrent que l’accès aux vacances des enfants et adolescents est particulièrement inégalitaire :

-          25,5 % des 5-19 ans ne partent pas en vacances, soit près de 3 millions de mineurs (et encore faut-il rappeler que pour être enregistré comme vacancier, il suffit d’effectuer un séjour d’au moins 4 nuits consécutives en dehors de son domicile),

-          Parmi ceux-ci, 2 millions ne sont pas partis de leur domicile plus d’une journée ! 2 millions d’enfants de notre pays ne connaissent aucun autre horizon que celui de leur quartier pendant une année !

-          Entre 1999 et 2004 les inégalités se sont creusées : ce sont les catégories sociales les plus aisées qui sont encore plus parties en vacances en 2004 par rapport à 1999.

 

Alors que la norme sociale dominante est celle du départ en vacances (puisque les ¾ des enfants partent en vacances), le non départ constitue pour le ¼ restant une injustice sociale qu’il serait de la responsabilité de l’Etat de combattre. Comment un enfant peut-il accepter de ne pas partir alors que les « autres » partent, comment réagir alors que les sollicitations pour partir en vacances sont quotidiennes et incessantes ? Comment va réagir un enfant qui n’aura connu pendant 2 mois d’été que le pied de son immeuble et la télévision, quand l’enseignant à la rentrée, demandera aux enfants de raconter leurs vacances ?

 

Et encore, il faut avoir à l‘esprit que ces données sont des moyennes. Or on sait que les moyennes masquent des situations extrêmes. Nous n’avons pas d’indicateurs précis qui permettraient de mesurer ce qui est une évidence : des populations, des zones comme les banlieues sont particulièrement exposées à la discrimination du départ en vacances.

 

 

Les vacances collectives portées par des valeurs éducatives et de cohésion sociale

Les vacances scolaires sont bien des temps de récupération, des temps de rupture dans un cycle annuel, temps ô combien nécessaires comme l’ont montré les travaux des chronobiologistes et chronopsychologues, pour une croissance harmonieuse des enfants et des adolescents. Mais ce qui fait aussi l’intérêt des colos et des camps d’adolescents c’est qu’elles constituent des moments qui permettent de concilier des projets qui pourraient paraître contradictoires et qui sont en fait tout à fait complémentaires : les loisirs et l’éducation, ne parle-t-on pas de loisirs éducatifs.

Les vacances sont l’occasion de pratiquer des activités tant ludiques, que culturelles ou sportives selon ses souhaits, ses envies, de la découverte d’activités nouvelles à la pratique plus intensive de son ou ses passe-temps. L’offre de séjours est d’une richesse extraordinaire qui permet à chacun de satisfaire ses envies, dans un cadre sécuritaire très réglementé.

Les associations, au quotidien, mettent en œuvre leurs projets éducatifs, portés par des équipes pédagogiques composées à la fois de professionnels et de personnels occasionnels.

L’organisation des séjours, les programmes d’activités, les méthodes pédagogiques sont guidés par des principes forts, intangibles, s’appuyant sur le respect des individus, la socialisation des enfants tout en développant leur autonomie et leur personnalité.

Les attentes éducatives prennent toute leur place dans le cadre non contraint constitué par les vacances scolaires. Ces attentes éducatives sont essentielles dans le cadre collectif des séjours de vacances où les dimensions de vivre ensemble, de solidarité, de mixité et de brassage social sont les piliers des projets portés par la plupart des associations.

Les espaces de vie collective, de partages de valeurs, de projets sociaux, éducatifs, en dehors de l’école, sont rares et méritent d’être connus et reconnus.

Encore faut-il que le cadre constitué par ces accueils collectifs soit garant d’une accessibilité totale, au sens de la laïcité : la lutte contre toutes les formes de discrimination, garantie par une réelle mixité, ferment de la cohésion sociale.

Les colos et les camps d’adolescents sont des lieux et des temps d’expression de la cohésion sociale, du vivre ensemble où sont abolies toutes les formes de communautarisme, toutes les exclusions, qu’elles soient sociales, religieuses, géographiques, ethniques, etc.

Les colos et les camps d’adolescents : une école de citoyenneté pour les jeunes animateurs

 

 

Les séjours de vacances : une école de la responsabilité pour les jeunes animateurs

L’encadrement des mineurs en centres de vacances nécessite des besoins en encadrement important sur des périodes très courtes puisqu’elles se limitent aux périodes de vacances scolaires. On estime les besoins à environ 500 000 animateurs et directeurs pendant les vacances d’été, ce qui ne peut constituer en aucun cas un gisement d’emploi pour une période aussi limitée.

La réglementation a donc prévu la formation, non professionnelle, des jeunes adultes qui souhaitent s’engager dans l’encadrement pédagogique des séjours de vacances et des accueils de loisirs (les formations BAFA et BAFD).

Ces temps d’engagement associatif pour des lycéens ou étudiants pour la plupart, leur permettent d’offrir de leur temps, de leur compétence au service de jeunes enfants.

Outre ces fonctions, cet engagement éducatif est aussi pour beaucoup d’entre eux l’occasion d’un premier exercice de prises de responsabilité, les préparant ainsi à mieux s’engager dans leur vie active d’adultes. On peut d’ailleurs remarquer que de nombreux enseignants, cadres d’entreprise ou élus font souvent référence à leur engagement initial en tant qu’animateurs de centres de vacances.

 

 

Les séjours de jeunes : une éducation à la mobilité

Voyager, utiliser des moyens de transport, franchir des frontières, découvrir de nouveaux horizons, de nouvelles activités ne s’improvise pas. La pratique du tourisme nécessite aussi un apprentissage, une éducation.

L’analyse des raisons du non départ montre bien que si les raisons financières sont un obstacle au départ, elles ne sont pas les seules. Des adultes, des familles qui ne sont pas parties depuis longtemps, voire qui ne sont jamais parties, connaissent des difficultés importantes à partir même avec des soutiens financiers adaptés. Ces personnes nécessitent un accompagnement social pour favoriser ce départ. Les activités de voyage, le tourisme reposent sur des techniques, des codes qui paraissent tout à fait naturels aux praticiens mais qui sont totalement étrangers aux néophytes.

Les études montrent qu’aujourd’hui, les personnes qui sont le plus concernées par le non départ, sont celles qui n’ont que peu eu la possibilité de partir, voire jamais : milieu rural, personnes âgées. En revanche celles qui partent le plus aujourd’hui : les 50-65 ans sont celles qui ont bénéficié de moyens financiers suffisants et surtout celles pour qui les déplacements, les voyages ont toujours été une pratique courante.

Un enfant, un jeune qui sera parti en voyage (séjours de vacances ou classe de découvertes) incitera ses parents à retourner sur son lieu de séjour à un autre moment avec sa propre famille.

Les séjours de vacances pour enfants et adolescents constituent donc de véritables écoles de la mobilité.